Chercheur principal
Salah El Mestikawy
Centre de recherche de l’Hôpital Douglas
Projet de 3 543 461 $ sur 3 ans
- Soutenu par le CQDM par l’entremise du :
Ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie du Québec (MEIE) - Et un partenaire de cofinancement :
– Will Therapeutics
Le projet en détails :
Défi
L’anorexie mentale touche environ 1 % de la population canadienne et près de 8 millions de femmes en Amérique du Nord. Elle présente le taux de mortalité et de morbidité le plus élevé parmi toutes les maladies mentales, avec 10 % des patients décédant chaque année. Malgré son impact humain et socio-économique considérable, aucun traitement spécifique, approuvé ou efficace n’existe à ce jour. La plupart des patients sont traités par des neuroleptiques et des antidépresseurs, dont l’efficacité est limitée, et le taux de rechute reste très élevé.
Solution
Le professeur Salah El Mestikawy et son équipe de recherche au Centre de recherche de l’Hôpital Douglas ont identifié un système biologique et neurochimique dysfonctionnel dans le cerveau, qui semble être à l’origine de la formation des habitudes dans l’anorexie. Des souris mutantes vulnérables au modèle murin d’anorexie ont été traitées par un médicament qui augmente les taux d’un neurotransmetteur appelé acétylcholine. Ce traitement, en augmentant la dopamine dans certaines structures, a entrainé une nette réduction du comportement compulsif d’auto-privation alimentaire. Cependant, des effets secondaires sévères ont été observés aux doses requises, tels que des crampes, des nausées et des diarrhées. Pour surmonter ces limites, l’équipe de recherche a conçu et développé, en partenariat avec Will Therapeutics, une série de nouvelles petites molécules « cerveau-spécifiques » capables de traverser la barrière hémato-encéphalique et d’administrer des doses efficaces tout en minimisant les effets secondaires périphériques. Ils disposent d’un composé principal qu’ils font actuellement progresser grâce à des tests précliniques chez l’animal, dans l’espoir de le mener jusqu’à la clinique. L’objectif principal du projet est d’amener ce composé principal en essais cliniques et de préparer un composé de secours pour de futures études. L’équipe vise à définir les profils pharmacocinétiques, de sécurité et d’efficacité du premier traitement pharmacologique sûr et efficace pour l’anorexie.
Réalisations prévues/Retombées
Leur composé principal et ses dérivés représentent une avancée prometteuse dans la prise en charge des personnes souffrant de troubles alimentaires et compulsifs. Au-delà de l’anorexie, ces composés pourraient également être efficaces dans le traitement du trouble obsessionnel-compulsif et des troubles liés à l’usage de substances, avec le potentiel d’apporter des bénéfices transformateurs, notamment sauver des vies, améliorer la santé mentale et alléger les charges sociales et économiques. En collaboration avec l’entreprise québécoise Will Therapeutics, l’équipe vise à développer un traitement pharmacologique spécifique et inédit (« first-in-class ») contre l’anorexie, positionnant ainsi le Québec comme un chef de file en innovation neuropsychiatrique.