*FRANÇOIS BERTHOD

Un modèle de peau humaine innervé, vascularisé et immunocompétent pour le criblage du potentiel sensibilisant des composés chimiques

Défi : Une des principales préoccupations des industries chimiques, pharmaceutiques et cosmétiques lors du développement d’un nouveau composé est de déterminer si celui-ci peut induire des allergies cutanées. En effet, l’industrie se doit de pouvoir prédire ce risque et de le classifier avant que ces nouvelles molécules puissent être commercialisées. À ce jour, ces tests sont effectués sur des animaux, ce qui soulève des questions d’éthique et de fiabilité. De plus, il n’existe que peu de modèles fiables de peau reconstruite par génie tissulaire pouvant améliorer le développement de nouveaux candidats thérapeutiques.

Solution : L’objectif de ce projet est de développer un nouveau modèle de peau immunocompétente et reconstruite par génie tissulaire combinant des cellules dendritiques (les cellules immunitaires principales du derme), des neurones sensoriels et un réseau capillaire. Ce modèle présente un avantage majeur : la coculture de cellules dans un environnement en 3D qui reproduit fidèlement l’environnement in vivo, rendant ainsi possible les interactions physiologiques entre l’épiderme, les neurones, les capillaires et les cellules dendritiques. L’équipe a démontré que la stimulation des nerfs avec la capsaïcine induisait la libération de TNFα (facteur de nécrose tumorale-alpha). Ce résultat démontre l’importance de la concordance entre les neurones et l’activation immunitaire innée, et suggère que les propriétés pro-inflammatoires d’un composé sont en partie liées à l’implication des neurones, comme démontré chez les souris traitées avec l’imiquimod.

Réalisations/Impact : Un nouveau modèle de peau reconstruite par génie tissulaire a été établi et validé. Cette plateforme de criblage représente une approche de dépistage utile pour les industries pharmaceutiques et chimiques afin d’évaluer les effets cutanés délétères potentiels de toute nouvelle molécule en développement. De plus, le modèle peut être utilisé pour interroger la biologie de la peau, identifier des cibles thérapeutiques et cribler de nouveaux médicaments pour le traitement de maladies cutanées ou favorisant la cicatrisation.

Investigateur principal :

François Berthod
Université Laval / CHU de Québec

Co-investigateur

Vincent Flacher
CNRS (France)

Projet complété
1 535 000 $ / 3 ans
Soutenu par CQDM par l’entremise de :
• Merck
• Pfizer
• MESI
• RCE-E
Et des partenaires de co-financement :
• Alsace BioValley (France)
• Lyonbiopôle (France)