Accélérer le passage de l’idée au marché – Dépôt du mémoire des RSRI dans le cadre des consultations publiques sur la Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation 2022.

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(Québec, le 31 mai 2021) – Les regroupements sectoriels de recherche industrielle (RSRI) ont déposé leurs propositions pour stimuler l’innovation dans le cadre des consultations publiques sur la Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation 2022 (SQRI). Les RSRI, constitués de neuf regroupements sectoriels actifs dans autant de secteurs phares de l’économie, ont la particularité d’être présents sur tout le parcours d’une innovation, de la recherche à la commercialisation, et d’interagir avec tous les maillons la chaîne. Par leur façon de travailler, les RSRI sont des modèles de recherche collaborative, une approche permettant d’associer les milieux académiques et industriels, d’optimiser les investissements et de « dérisquer » les nouvelles technologies.

Télécharger le mémoire des RSRI du Québec (PDF)

L’impact de la pandémie et trois préoccupations

Dans leur mémoire, les RSRI soulignent que le Québec n’est pas un mauvais élève en matière d’innovation : « La grande diversification de notre économie, notre ancrage dans des domaines prometteurs, notre bassin d’entrepreneurs de talent sont des signes d’une force d’innovation. » Néanmoins, des correctifs doivent être apportés pour faire mieux. Les RSRI rappellent le contexte particulier créé par la pandémie et énoncent des préoccupations.

La pandémie a été un traumatisme général sur l’économie mondiale et sur les sociétés, mais elle a aussi représenté une accélération de l’innovation. Par exemple, pour composer avec les restrictions, des entreprises ont précipité la numérisation de leurs activités, tandis que le télétravail, l’enseignement à distance et la visioconférence intégraient le quotidien des citoyens. En outre, plusieurs pays préparent une relance orientée vers les changements climatiques, les énergies renouvelables et l’intelligence artificielle… « Si le monde prépandémie était engagé dans une course à l’innovation, il importe de réaliser que la course sera encore plus effrénée après », peut-on lire dans le mémoire. Le Québec peut rivaliser, mais les RSRI soulèvent trois drapeaux jaunes dans leur mémoire :

  • Premièrement, la tendance à la baisse des investissements des entreprises en recherche et développement. Sur la période 2014-2018[1], qui a pourtant été une période de croissance dynamique pour le Québec, ces investissements privés ont fléchi, passant de 2,42 % du PIB (2014) à 2,17 5 du PIB (2018), bien que le Québec soit demeuré premier au Canada à ce chapitre.
  • Deuxièmement, la multiplicité des organismes de soutien à l’innovation. L’écosystème québécois d’innovation comporte de très nombreux organismes. Cela révèle la fertilité de cet écosystème et met en relief le besoin d’une harmonisation de l’expertise et de l’accompagnement des entrepreneurs.
  • Troisièmement, la difficulté du passage de l’idée au marché. La maturation des innovations sera l’une des principales arènes de la concurrence mondiale dans les années à venir. Or, pour rester dans la course, le Québec doit augmenter le nombre de projets d’innovation et accélérer leur transit vers le marché.

Cinq recommandations

Les RSRI formulent cinq recommandations générales auxquelles s’ajoutent des recommandations pour stimuler spécifiquement l’innovation dans chacun des neuf secteurs qui les composent.  Nous présentons ici les recommandations générales.

Recommandation No 1 : Miser sur la recherche collaborative pour stimuler l’innovation et relancer notre économie

Pour améliorer le potentiel de la recherche collaborative, les RSRI proposent de :

  • Optimiser le déploiement du principal programme de soutien à la recherche collaborative, le PSO, un outil qui a fait ses preuves;
  • Assurer le financement d’autres programmes performants et structurants qui soutiennent la recherche collaborative et répondent aux tendances et enjeux actuels;
  • Maximiser la contribution et l’impact des RSRI, agents de collaboration de premier plan, en projetant leur coordination et action sur l’ensemble du continuum de recherche, d’innovation.

À partir des données historiques des RSRI, nous estimons qu’un investissement de 60 M$ annuellement dans le PSO pourrait générer 465 M$ d’investissement industriels en R-D tout en contribuant à la formation de près de 5 800 ressources hautement qualifiées chaque année.

Recommandation No 2 : Aider les entreprises québécoises à s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales

Pour améliorer sa performance économique, le Québec doit considérer le processus de transformation des idées en produits comme un flux intégré au sein de chaînes de valeur mondiales. Pour ce faire, il est proposé de :

  • S’assurer de dédier une enveloppe budgétaire d’impact pour des projets internationaux de recherche collaborative permettant au Québec de s’intégrer dans les réseaux mondiaux et de jouer un rôle de leader;
  • Développer des initiatives ciblées telles des feuilles de route technologiques pour favoriser le développement des maillons manquants de ces chaînes de valeurs mondiales dans la mesure où le Québec a le potentiel de se démarquer;
  • Mettre en place un programme centralisé pour l’international soutenant 50% des dépenses de participants québécois à des projets de R et D internationaux conjoints.

Recommandation No 3 : Stimuler l’innovation précoce dans les entreprises

Les entreprises peinent à trouver du financement pour soutenir adéquatement les stades précoces de l’innovation. Afin de dérisquer les technologies les plus prometteuses et d’attirer les investissements privés permettant de combler ce fossé dans la chaîne d’innovation, il est proposé de :

  • Bonifier le financement des programmes existants de soutien aux jeunes entreprises à des stades précoces de l’innovation, dont le programme Innovation, et Impulsion PME;
  • Maximiser l’impact de ces programmes et poursuivre le positionnement des RSRI à titre de partenaires privilégiés d’Investissement Québec en utilisant pleinement l’expertise sectorielle, le réseau et le savoir-faire des RSRI;
  • Participer à l’atteinte de la mission d’Axelys qui consiste à accélérer le développement et le transfert des résultats issus de la recherche publique.

Recommandation No 4 : Dynamiser la collaboration entre les partenaires pour accélérer l’innovation

Dans un écosystème d’innovation qui réunit une multitude d’acteurs actifs à plusieurs étapes et dans plusieurs sphères (milieu de la recherche, organismes de soutien, financeurs, gouvernements, etc.), une meilleure collaboration et coordination des organisations qui soutiennent financièrement des projets d’innovation devient essentielle pour permettre aux entreprises d’accélérer leur parcours au sein de l’écosystème d’innovation.  Les RSRI confirment leur volonté d’œuvrer à optimiser ce continuum et à s’arrimer le mieux possible aux organismes mis en place par le gouvernement, comme la société Axelys et Investissement Québec, pour ne nommer que ceux-ci.

Pour ce faire, il est proposé de :

  • Mettre en place une pratique d’accompagnement des entreprises pour accélérer leur démarche auprès d’autres programmes et financeurs. Intervenant à divers stades du parcours des entreprises par une gamme de services (l’intermédiation, le financement, le coaching, le transfert d’intelligence d’innovation et de marché, notamment), les RSRI sont en excellente position pour agir comme des guides dans la chaîne d’innovation.

Recommandation No 5 : Renforcer les capacités des RSRI pour accroître les retombées au Québec

L’écosystème d’innovation se transforme par l’arrivée de nouveaux joueurs, tels Axelys, le Conseil de l’innovation du Québec ou encore avec le renforcement d’Investissement Québec. Les RSRI seront appelés à jouer un rôle plus important afin de faire profiter leurs expertises un nombre grandissant d’entreprises, et également à ces nouveaux joueurs. En tant qu’entités accompagnantes ou référentes pour le Programme Impulsion PME ou encore pour la recherche d’entreprises susceptibles d’acquérir des licences auprès d’Axelys, les RSRI seront sollicités comme jamais.

Par ailleurs, les RSRI sont également interpellés dans différentes stratégies gouvernementales, notamment dans la création de zones d’innovation de calibre international dont l’objectif vise à augmenter la commercialisation des innovations, les exportations, les investissements locaux et étrangers ainsi que la productivité des entreprises.

En conséquence, il est proposé de :

  • Renforcer la capacité des RSRI en s’assurant qu’ils auront les ressources nécessaires pour jouer pleinement leur rôle d’animation et d’accompagnement dans le contexte où le processus de transformation en cours les interpelle davantage;
  • Bonifier l’enveloppe dédiée au fonctionnement des RSRI de 1,8 M$ annuellement (pour l’ensemble des 9 RSRI).

À propos des RSRI

Les regroupements sectoriels de recherche industrielle (RSRI) ont pour mission de mettre en place et de soutenir un écosystème d’innovation collaborative propice au développement des secteurs stratégiques de l’économie au profit des entreprises, des centres de recherche et de la société québécoise. Représentant les secteurs phares du Québec, les RSRI sont en position de force pour soutenir le tissu économique québécois dans sa quête de croissance. Rappelons qu’au nombre de neuf, les regroupements ont été désignés par le Gouvernement du Québec pour agir à titre d’organismes d’intermédiation et de financement de la recherche et du développement (R et D) collaboratif. Il s’agit : du Centre québécois de recherche et de développement de l’aluminium (CQRDA), du Consortium québécois sur la découverte du médicament (CQDM),  du Consortium de recherche et d’innovation en aérospatiale au Québec (CRIAQ), du Consortium de recherche et innovations en bioprocédés industriels du Québec (CRIBIQ), du Consortium de recherche et d’innovation en transformation métallique (CRITM), d’InnovÉÉ – innovation en énergie électrique, du Consortium industriel de recherche et d’innovation en technologies médicales du Québec (MEDTEQ), du Pôle de recherche et d’innovation en matériaux avancés (PRIMA Québec) et de Prompt.

Les RSRI en chiffres

Les neuf RSRI représentent actuellement un bassin de plus de 1300 membres issus des différents secteurs industriels qui les composent. Près de 80 % de ces membres sont engagés activement en recherche et développement.

Les RSRI en chiffres (données agrégées 2015-2020)

Projets et investissements soutenus par les RSRI et le MEI
Nombre de projets retenus (a) 791
Valeur totale des projets financés 744 M$
Valeur des engagements des RSRI (b) 225 M$
Valeur des engagements industriels 348 M$
Valeur des autres engagements publics 170 M$
Valeur moyenne des projets financés par les RSRI 940 K$

 

Notes :

a- Comprend des projets internationaux

b- Sommes dirigées aux universités, collèges et centres de recherche par les RSRI dans le cadre des programmes PSO, INNOV-R, PARTENAR-IA

 

Retombées à ce jour
Nombre de personnes hautement qualifiées impliquées dans les projets (incluant étudiants, stagiaires) 4 377
Nombre de brevets et licences déposés 557
Nombre de solutions, procédés implantés et technologies commercialisées 1 749
Nombre d’emplois maintenus, créés (industriels et académiques) 3 422

 

Réseau et animation
Nombre d’adhésions à ce jour + de 1300
Proportion de membres industriels ~ 80 %
Proportion de membres PME (- de 250 employés) ~ 68 %
Nombre d’événements d’animation organisés
durant la période
+ de 1500

 

[1] Source  ISQ : https://statistique.quebec.ca/fr/document/depenses-de-recherche-et-developpement-r-d/tableau/depenses-intra-muros-de-r-d-dird-en-pourcentage-du-pib-quebec-autres-provinces-territoires-et-canada

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PRIMA
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CQRDA
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